LES CENTRES POPULAIRES DE LOISIRS DU PROJET WAKANDA : UN NOUVEAU CHAPITRE

LES CENTRES POPULAIRES DE LOISIRS DU PROJET WAKANDA : UN NOUVEAU CHAPITRE

LES CENTRES POPULAIRES DE LOISIRS DU PROJET WAKANDA : UN NOUVEAU CHAPITRE

Sapouy, Burkina Faso – Le Centre d’Etudes et de Recherches sur le Droit de l’Environnement (CERDE) et les communautés locales ont franchi une étape importante pour assurer la durabilité des Centres Populaires de Loisirs (CPL) mis en place dans le cadre du projet WAKANDA. Une rencontre à Sapouy le 25 avril 2025 a réuni les principales parties prenantes pour discuter de la gestion et de l’utilisation futures de ces espaces communautaires essentiels.

Les CPL ont été créés pour servir de pôles polyvalents pour les villages de la zone du projet WAKANDA, favorisant les activités génératrices de revenus (AGR), les événements culturels, les campagnes de sensibilisation, les ateliers de formation et les réunions.  Ces centres sont conçus pour être accessibles à tous les bénéficiaires – l’administration locale, les associations et les projets externes.  

Chaque CPL dispose d’atouts précieux, notamment une cour spacieuse (environ 0,5 hectare), des installations d’énergie solaire, un accès à l’eau, des réfrigérateurs et des appareils électroménagers essentiels.  Beaucoup sont également équipés d’un kiosque et de toilettes.  

Cependant, le projet a rencontré des difficultés. La construction initiale utilisant des « voûtes nubiennes » s’est avérée inadaptée à certaines conditions climatiques, entraînant des dégâts, ce qui a nécessité le passage à la construction en matériaux définitifs.  De plus, il a été souligné que la pérennité des CPL dépendait d’un entretien régulier des infrastructures et du matériel.    

CPL EN VOUTES NUBIENNES
CPL EN MATERIAUX DEFINITIFS

La rencontre de Sapouy a permis de mettre en évidence les nombreuses opportunités offertes par les CPL. Ils sont des sources vitales de revenus pour les populations locales grâce à la location des sites pour des événements tels que des mariages, des cours de langues, ou des ventes. Les CPL offrent également des lieux idéaux pour les réunions, les activités de sensibilisation et diverses campagnes pour les autorités locales.  

Afin d’assurer l’avenir des CPL, le CERDE met en place un système de gestion structuré. Cela comprend la création de comités de gestion au sein des zones et la donation officielle des CPL aux municipalités locales.  Une convention définissant les termes de cette donation a été élaborée.  

Le processus de donation officiel garantit que les CPL sont utilisés aux fins d’utilité publique prévues. L’accord détaille également les responsabilités de la municipalité et des comités de gestion des CPL.  Cela englobe l’entretien des installations, la génération de revenus et la relation de collaboration entre les deux entités.  

Les participants à la réunion de Sapouy comprenaient les PDS, SG, SFR des 4 communes d’intervention du projet,  les CVD et le partenaire de mise en oeuvre NITIDAE. 

L’atelier a favorisé d’importantes discussions sur la convention de donation et les procédures de transfert des titres fonciers, ouvrant la voie à un avenir durable pour les CPL.   

Les CPL du projet WAKANDA représentent un investissement précieux dans le développement communautaire. En relevant les défis de l’entretien et en établissant un cadre de gestion clair, le CERDE et les acteurs locaux travaillent ensemble pour s’assurer que ces centres continuent de servir d’atouts pour les générations à venir.

SERVICE DE COMMUNICATION

APPEL A PROPOSITIONS D’ARTICLES DE VULGARISATION : LANCEMENT DU PREMIER NUMERO DE LA REVUE DE VULGARISATION « WEEN-VIUUGÃ »

APPEL A PROPOSITIONS D’ARTICLES DE VULGARISATION : LANCEMENT DU PREMIER NUMERO DE LA REVUE DE VULGARISATION « WEEN-VIUUGÃ »

APPEL A PROPOSITION D'ARTICLES DE VULGARISATION : LANCEMENT DU PREMIER NUMERO DE LA REVUE DE VULGARISATION « WEEN-VIUUGÃ

Le Centre d’Étude et de Recherches sur le Droit de l’Environnement (CERDE) est heureux d’annoncer le lancement de sa revue de vulgarisation, « WEEN-VIUUGÃ », qui signifie environnement en langue Mooré. Il lance un appel à propositions d’articles pour son tout premier numéro. Cette revue trimestrielle a pour objectif de diffuser largement les connaissances et les analyses produites sur les enjeux environnementaux au Burkina Faso.

À PROPOS DU PREMIER NUMERO DE « WEEN-VIUUGû

Pour ce premier numéro, « WEEN-VIUUGÃ » souhaite rassembler des contributions qui rendent accessibles les résultats de recherches et les réflexions sur les sciences, droits et politiques de l’environnement. La revue sera adressée à un public diversifié, incluant les décideurs politiques, les acteurs du développement, les organisations de la société civile, les médias et le grand public. La revue publiera des articles originaux, des notes de synthèse, des entretiens et des tribunes abordant des thématiques variées, telles que :

  • – Gestion durable des ressources naturelles ;
  • – Changement climatique et adaptation ;
  • – Biodiversité et aires protégées ;
  • – Droit foncier et environnement ;
  • – Pollution et déchets ;
  • – Gouvernance environnementale ;
  • – Droits humains et environnement ;
  • – Législation environnementale.

CONSIGNES POUR LES PROPOSITIONS D'ARTICLES

Les contributions doivent être soumises en français ou en anglais et respecter les consignes suivantes :

  • – Type d’article et public cible : Les soumissions doivent être des documents de vulgarisation scientifique, portant sur le domaine de l’environnement, qui synthétisent des articles      scientifiques, des rapports d’études, rapports d’activités, guides, manuels, méthodologies.

Les articles doivent être rédigés dans un style clair et concis, adapté à un public non spécialisé.

Les résultats de recherche doivent être présentés de manière accessible, en mettant l’accent sur les implications pratiques et les recommandations.

  • – Format et Longueur : le format du document doit être A4. La longueur maximale autorisée est de cinq (5) pages, soit environ 1200 mots ;
  • – Structure de l’article : les articles doivent comprendre les sections suivantes : introduction, public cible, méthodologie, résultats, conclusion ;
  • – Références bibliographiques : les références doivent être présentées selon les normes de chaque spécialité scientifique.
  • – Présentation du Texte : titre (Times New Roman 14, gras) ; corps (Times New Roman 12)
  • – Nom, prénoms, Photos, titre et E-mail de l’auteur.

MODALITES DE SOUMISSION

Les propositions d’articles sont à envoyer par courriel à l’adresse suivante : contact@cerde.org

La date limite de soumission des propositions est fixée au 15 mai 2025.

Le comité de rédaction examinera toutes les propositions et sélectionnera les articles qui seront publiés. Les auteurs des articles sélectionnés seront informés par courriel.

La revue paraîtra en version physique et numérique. Elle sera également accessible sur le site du CERDE : www.cerde.org

Nous vous invitons à contribuer au lancement de cette nouvelle plateforme de diffusion des connaissances environnementales pour un développement durable et respectueux de l’environnement au Burkina Faso.

NB : Afin d’assurer la pérennité et la qualité de la publication, les deux premiers numéros de la revue sont gratuits. À partir du numéro 002, des frais de publication de 5000 FCFA par article seront appliqués. Nous vous remercions de votre compréhension.

 

  • Pour plus d’informations, veuillez nous contacter au +226 25 65 19 94
LE DROIT ET LE CONTENTIEUX LIES AU CHANGEMENT CLIMATIQUE EN AFRIQUE : S’ENGAGER OU PERIR ?

LE DROIT ET LE CONTENTIEUX LIES AU CHANGEMENT CLIMATIQUE EN AFRIQUE : S’ENGAGER OU PERIR ?

LE DROIT ET LE CONTENTIEUX LIES AUX CHANGEMENT CLIMANTIQUE EN AFRIQUE : S'ENGAGER OU PERIR?

  1. Le 9 avril 2025, le CERDE a organisé un café débat en format hybride (en ligne et présentiel) qui a réuni plus d’une soixantaine de personnes autour du thème crucial du droit et du contentieux liés au changement climatique en Afrique.
  2. Le Dr. Habib Ahmed DJIGA, enseignant chercheur à l’UFR SJP de l’Université Thomas Sankara et par ailleurs conseiller technique du ministre chargé de l’Enseignement Supérieur, de la Recherche et de l’Innovation, a présenté une analyse approfondie de la situation, soulignant l’urgence d’agir face au péril climatique.
Dr. Habib Ahmed DJIGA, enseignant chercheur à l’UFR SJP de l’Université Thomas Sankara

LE DROIT, FIL D'ARIANE DE L'ACTION CLIMATIQUE

Le Dr. DJIGA a d’emblée posé le droit comme l’épicentre de l’action climatique, en vertu de son rôle de sécurité juridique, de stabilité institutionnelle et d’organisation de la vie politique, sociale et économique. Il a exploré l’évolution du cadre juridique, passant de la prégnance de la « soft law » à l’ancrage progressif de la « hard law ».   

De la « soft law » à la « hard law »: Si les traités internationaux comme la Convention-Cadre des Nations Unies sur les Changements Climatiques (CCNUCC), le Protocole de Kyoto et l’Accord de Paris constituent des instruments fondamentaux, leurs obligations juridiques sont parfois imprécises, et leur application par les tribunaux nationaux s’avère difficile. D’où la nécessité de lois nationales sur le climat, à l’image de la loi britannique de 2008, qui établissent des principes généraux et des obligations clairs pour la lutte contre le changement climatique. Plusieurs pays africains ont suivi cette voie, adoptant des législations nationales pour mieux mettre en œuvre leurs engagements internationaux et permettre au pouvoir judiciaire de jouer un rôle plus important dans les affaires climatiques.  

La Justice Climatique, Graal des Temps Modernes : La justice climatique, notion de plus en plus présente dans les discours gouvernementaux et de la société civile, vise à rétablir l’équité entre les États, au sein des États, entre les individus et les générations futures, et même envers la nature. Elle s’articule autour des principes du droit international de l’environnement et du droit international des droits de l’homme. Le Dr. DJIGA a souligné l’importance du principe des responsabilités communes mais différenciées, inscrit dans la CCNUCC, qui guide le contentieux climatique. Il a également mis en lumière l’exigence de la cristallisation du droit à l’environnement, illustrée par des affaires emblématiques comme Urgenda c. Pays-Bas, où la Cour suprême a statué que le gouvernement devait réduire ses émissions sur le fondement du principe de précaution.   

Le Contentieux Climatique en Afrique: Le Dr. DJIGA a examiné des affaires africaines relatives à l’Accord de Paris et à la législation nationale sur le climat. Il a notamment cité l’affaire South Durban Community Environmental Alliance c. Ministre de l’Environnement et autres en Afrique du Sud et la décision de la Cour suprême du Kenya dans l’affaire Save Lemu et al. c. NEMA, qui a appliqué le principe de précaution en soulignant l’insuffisance de la prise en compte du changement climatique dans une étude d’impact environnemental et social.  

S'ENGAGER OU PERIR?

Le Dr. DJIGA a conclu en insistant sur l’urgence pour les États africains de s’engager résolument dans la lutte contre le changement climatique. Il a souligné le rôle crucial de l’accès à la justice pour faire valoir le droit de chacun au respect des dispositions protégeant l’environnement. Les États africains doivent s’unir pour mettre les pays développés face à leurs responsabilités et permettre à leurs citoyens d’ester en justice pour inaction climatique. Il a plaidé pour la mise en place de dispositifs juridiques multiscalaires qui concrétiseront l’action climatique et permettront de sortir de la « tourbière du développement durable », un concept certes auréolé d’une valeur juridique, mais d’une difficile efficience juridique.  

Dr Germain DABIRE a intervenu en ligne

Le principal discutant de ce numéro du Café du CERDE, en la personne du docteur Germain DABIRE, enseignant-chercheur à l’UFR-SJP de l’Université Thomas Sankara, a soulevé les principales problématiques en lien avec l’intérêt, les enjeux et l’actualité du sujet. Globalement, ce dernier, dans un argumentaire basé sur des éléments jurisprudentiels et conventionnels, a souligné la pertinence de l’analyse faite par le docteur DJIGA.

Les nombreux participants présents ont également reçu satisfaction suite aux questions et préoccupations qui ont été émises au cours de la discussion.


En rappel, le café du CERDE a pour but de promouvoir l’animation scientifique et citoyenne. Il sert de cadre pour la présentation et l’échange sur des questions de droit et de politique de l’environnement au Burkina Faso. L’activité a lieu une fois par mois, tous les deuxièmes mercredis, de 17h à 18h30, en présentiel et en ligne.